Pierre sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. En l’occurrence, il a fait le choix de l’apprentissage parce qu’il est convaincu que cette modalité de formation est la meilleure et de la plasturgie parce qu’il a des valeurs et qu’il voulait une filière en lien avec ses engagements environnementaux. Il voulait « agir de l’intérieur » !

 

Pouvez-vous nous parler de vous et de votre parcours professionnel  ?

Après un Bac S-SI, j’ai intégré le service assurance qualité fournisseurs de LOHR Industrie pour faire un DUT Sciences et génie des matériaux (SGM) en apprentissage. J’ai pu y réaliser notamment une mission très intéressante et très formatrice dans laquelle je me suis épanoui et qui a développé ma “personnalité professionnelle”. Il y a 3 ans je n’étais absolument pas sur la voie de l’apprentissage. J’avais été accepté en prépa intégrée dans l’école d’ingénieurs que je visais depuis des années. Puis j’ai eu vent de ce qu’était réellement l’apprentissage et mon choix a été vite fait. Je ne regrette en rien cette décision et suis convaincu que cette spécificité n’est pas assez connue, c’est pourquoi je me positionne désormais comme ambassadeur de l’alternance auprès de tous les étudiants cherchant leur voie. Aujourd’hui, je suis à l’Insa Strasbourg en 1ère année d’un diplôme de mécanicien plasturgiste en apprentissage réalisé en partenariat avec le Cirfap et j’effectue la partie pratique chez Graf, leader mondial des systèmes de récupération d’eau pluviale et systèmes d’assainissement autonomes.

Qu’est-ce qui vous a conduit dans la filière plastiques et composites  ?

Lors de mon DUT SGM, j’ai découvert la plasturgie et le spectre des possibilités qu’offre cette dernière. Je voulais travailler dans une entreprise de matériel écoresponsable de sport pour la montagne, je me suis renseigné et ai conclu qu’une des voies pour réaliser mon projet professionnel était de faire une école d’ingénieur en plasturgie. Puis j’ai entendu parler de cette formation et me suis alors naturellement dirigé dans cette filière.

Quelles sont les spécificités de votre métier qui vous passionnent le plus ?

Pour le moment je ne peux me prononcer sur cette question car je découvre seulement le métier d’ingénieur plasturgiste. Cependant, ce sont tout de même les parties plus managériales, qualité, création, gestion et organisation de la production qui m’attirent le plus.

Dans un contexte de plastic-bashing que diriez-vous à une personne qui souhaite s’orienter en plasturgie ?

D’autant plus concerné et interpellé de par mes engagements et valeurs, c’est un sujet autour duquel j’aime débattre et discuter. Les plastiques sont omniprésents mais une grande majorité est pétro-sourcée et a un impact environnemental plus ou moins important. Cependant si le plastique est si présent dans nos vies, c’est qu’il répond à un besoin auquel aucun autre matériau n’est capable de répondre dans les mêmes conditions. C’est pourquoi, au-lieu de rejeter spontanément le plastique, j’invite les jeunes à agir de l’intérieur en travaillant pour trouver des solutions viables, durables et responsables. Nous sommes la génération qui prend pleinement conscience du problème environnemental, et ainsi nous avons soif d’agir pour un monde meilleur. Alors engageons-nous pour cette cause et engageons sérieusement cette transition.

En quelques mots, pourriez-vous résumer ce que représente l’industrie plastiques et composites pour vous  ?

C’est une industrie indispensable dans notre monde actuel. Le plastique et les composites sont partout et nous ne pouvons pas nous en passer. Il est donc important d’avoir une industrie performante, novatrice et adaptable aux changements à venir.

Vous avez la possibilité de choisir où vous serez et à quel poste dans 10 ans, que choisissez-vous ?

Tout d’abord, dans une équipe dynamique avec des projets passionnants et novateurs, pas un poste où l’on reste assis à un bureau toute la journée. Pourquoi pas à un poste de direction de production ou responsable d’atelier ou alors dans une équipe de développement de produit. Si possible, j’aimerais bien être en charge du management d’une ou plusieurs équipes. Le tout bien sûr dans une entreprise fabriquant du matériel de sport de la montagne.

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui souhaite attirer de nouveaux talents  ?

Pour notre génération, il y a évidemment le côté environnemental à mettre en avant. Ensuite, le fait de valoriser et mettre au service des autres, dans un cadre collaboratif, les compétences humaines et techniques de chacun est un critère qui peut être décisif. De plus, la technicité, l’originalité, l’utilité et les applications des produits de l’entreprise jouent un rôle important dans l’orientation.

Quels sont vos critères de sélection pour intégrer une entreprise  ?

Pour ma part, les engagements environnementaux, sociétaux et éthiques d’une entreprise sont primordiaux. Je ne pourrai pas travailler pour une industrie pétrochimique qui produit tout simplement du plastique en masse sans se soucier des conséquences. Il y a aussi le secteur d’activité, les produits et leur utilisation et enfin, la situation géographique de la société à laquelle je serai rattaché.